Il n"y avait personne dans ce parc trop paysagé d'une moyenne ville de province.
Il n'y avait qu'elle, emmitouflée dans sa scène, avec pour compagnon unique... le froid du vent.
"Suce-là!"
Au bout de son pétard, elle transperçait l'épais brouillard.
L'homme marchait droit, avec son appareil Leïka.
Elle marchait face à lui.
"Enfonce-là !
Je t'aime."
Elle regardait la Loire.
Et les canards.
L'homme lui, marchait toujours...
Elle détectait la moindre fougue, incarnée dans un pénis raide et comme haletant parfois.
Le froid.
Elle détectait le moindre désir ardent, congestionné entre ses deux boules ratatinées.
J'ai froid.
A la hauteur du cimetière, elle regardait les pontons du barrage abandonné.
Il y avait, accrochés à chacun d'eux, des marches qui disparaissaient vers le fond...
"De grâce, tête la moi"!
Elle regardait les marches, elle regardait devant.
L'homme ne marchait plus face à elle.
L'homme marchait derrière elle.
Il la photographiait.
CLAC.
CLAC.
CLAC.
CLAC.
Elle serait sa Leïka.
Chaque CLAC lui faisait oter un vêtement.
Comme par magie.
Son sorcier bien-aimé: il bougeait la queue de droite à gauche, et son voeu se réalisait...
C'est d'abord son cul, qu'il avait voulu voir.
CLAC.
Le jean, le string.
Puis la nuque, il voulait voir sa nuque.
CLAC.
Puis TOUT le reste.
"Tu vivras à travers moi, Leïka. Désormais, ta vie ce sera dans cette boite, là, tu vois?".
Cette énorme boite en verre miroir.
Jamais tu n'apercevras ce qu'il y a derrière.
Jamais tu ne sauras la fin.
Il te faudra accepter de la vivre.
Sinon rien.
Mais tu verras, petit à petit, je te promets que tu seras bien...
Fais-moi confiance...
Je vais te poser là, sur les bords de la Loire. Tu seras la première boutique du premier village de sexe de la région...
Sur un coté de la boite, Leïka, il y aura une fenêtre, à coté de laquelle il y aura une fente.
Cette fenêtre s'ouvrira à chaque fois qu'un Homme enfilera une pièce de un amour.
Car ici, Leïka, notre monnaie d'échange est l'amour...
Chaque fois que la fenêtre en verre s'ouvrira, les hommes introduiront leur queue dans ce cercle au centre de la petite fenêtre, et ce cercle se lovera autour d'elles.
Et toi, Leïka, toi, tu les suceras...jusqu'à ce que mort s'en suive..."
Mais, je te jure...Leïka, je te jure que je t'aime...
Moi aussi...
Je t'ai compris...
Quand est-ce qu'on déjeune?
Des sushis, j'mangerais bien des sushis...
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