Mon toc est sexe.
Trouble obsessionnel constant qui se fige à la baise.
Il revient sans cesse. Me harcèle et me hèle.
J'y pense.
Je le sens.
Je le rêve.
Je l'imagine.
Je le vis, auto-magnétisé à moi, dans chacun de mes pores.
Sans que mon corps me demande mon avis.
Je ne maitrise pas.
Il dit con.
Cul.
Mouille.
Sexe dressé.
Dur.
Bandé.
Clitoris qui se gorge.
Brûlant.
Chaud.
Humide.
Pointe des nibards dressés vers la Lune.
Cyprine du con qui glisse vers l'anus.
Je mets mon doigt.
Et je l'étale sur d'autres sexes que je suce.
Anus en sexe.
Rictus de ma chatte tendue, lisse... que j'écarte.
J'ai croisé des humains aux mêmes troubles que moi.
Humains hypra-sexualisés.
Pleins et troublés par des désirs que la masse juge déviante.
On se ressemble.
Jamais rassasiés ni convaincus, curieux au regard toujours neuf, indolents, insouciants comme on l'est à 20ans...
Ils se racontent à moi.
On ne se connait pas...enfin, pas plus que ça...
Ils me transmettent et m'offrent leurs fantasmes d'hommes ,de femmes, leur rêves , leurs découvertes inavouables au tout venant.
Manans du cul qu'on méprise...
Leurs récits donnent naissance à une sorte d'émulation sexuelle qui affûtent nos désirs respectifs.
Un privilège, une liaison platoniquement sexe, que l'on partage en dehors de nos couples.
Il n'y a pas de mensonges, ni de trahison de ceux que l'on aime, il y a un jardin secret qui ne peut appartenir à personne d'autre que nous, où l'empathie bienfaisante découvre et cherche les
couleurs de la sexualité ailleurs...
Un pastiche d'âmes surprenantes, inconnus au fond, mais dont la vie visible s'apparente à la nôtre...
Une même folie secrète socialement irrecevable, que l'on a pu croire incompatible avec le "politiquement correct" de notre vie quotidienne.
Des gens mariés.
Avec des gosses.
Une baraque.
Des congés payés, des RTT, des crédits, des projets...
Des soucis.
Des frustrations.
Il n'y a aucune incompatibilité, on peut vivre des milliards de vie dans une...
Qui sont-ils?
Des quadras inaccomplis mais admirés par l'extérieur, que la vieillesse inquiètent?
Qui courent aprés la vie de peur que la mort les rattrappent?
Des humains qui s'acceptent dans leur moindres vices, si là est leur équilibre?
On abaisse encore le seuil de nos inhibitions.
On se shootent souriants, à l'adrénaline du cul, on avance, on s'arpente soi-même, parce qu'une part de notre vie est déjà réalisée...mais que la vie n'est pas finie...pas encore...
Il nous reste du temps pour nous...
Je souris en écrivant.
Une soudaine et vive satisfaction à l'intérieur de moi, de ne plus me sentir seule barrée d'la tronche, isolée, unique folle à lier vicieuse au milieu d'humains lisses et sains.
J'en suis là.
Et je suis bien...
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